Patrick Mabialah
Informaticien

[2026-10-25] La Cyber attaque des congélateurs était-elle prévisible ?

La Cyber attaque des congélateurs était-elle prévisible ?

Dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026, la France a fait l’objet d’une cyber attaque aussi détestable que condamnable. Alors que des millions de personnes meurent de faim, des hackers malveillants ont engendré la perte de denrées qui finiront à la poubelle.

Pourtant cette attaque aurait pu être évitée !

En matière de cybersécurité, la règle d’or est de réduire la surface d’attaque d’une organisation. Sitôt qu’une menace potentielle est identifiée par un fournisseur de matériel ou de logiciel, il convient de procéder sans délai aux mises à jour de sécurité.

En effet, dès le 9 août 2026, le cabinet Claroty et son équipe de recherche Team82 signalaient des vulnérabilités critiques sur les systèmes de contrôle des réfrigérateurs Danfoss. Dans la foulée, Danfoss publiait le correctif sous forme du firmware R4.3.1 pour corriger la faille.

Il appartient à l’agent en cybersécurité de se tenir informé de l’émergence des failles, comme le font outre-Manche les agents de cybersécurité auprès de l’OWASP. Le Top 10 de l’Open Worldwide Application Security Project est une fondation qui publie régulièrement les risques et failles de sécurité les plus critiques dans le monde.

Plus vous tardez à vous protéger, plus le pirate malveillant prend de l’avance sur ceux qui n’ont pas encore appliqué le patch de sécurité.


Comment ont-ils procédé ?

  1. Absence de protection réseau : De nombreux boîtiers de contrôle et de régulation frigorifique étaient directement connectés à Internet sans protection adéquate comme un pare-feu.
  2. Exploitation des failles applicatives : Une fois connectés, les pirates ont pu injecter des instructions de contrôle de température sans être aucunement inquiétés.

Or, les équipes de développeurs de ces interfaces auraient dû prémunir leur application des risques d’injection de code JavaScript et/ou de requêtes SQL.


Comment aurait-on pu se prémunir ?

  • Mises à jour régulières : Suivre immédiatement les recommandations des cabinets de cybersécurité en appliquant les patchs de sécurité éditeurs.
  • Segmentation des réseaux : Sécuriser les sections les plus sensibles et les équipements industriels (OT) derrière un pare-feu strict.
  • Authentification Forte (MFA) : Protéger l’accès à l’interface de commande par un système MFA, combinant un mot de passe avec un code envoyé sur le téléphone d’un opérateur identifié et autorisé à administrer l’organe de contrôle de température.

Conclusion

Pourquoi ne pas avoir mis en place un système d’alerte pour notifier aux gérants des épiceries le changement de configuration de la température… en pleine nuit ? Hélas, nombre d’entre eux n’ont découvert l’attaque qu’au petit matin, une fois arrivés sur place.

À chaque site développé par pmc est adjointe une console d’administration verbeuse qui trace toutes les opérations dans un journal. Mon client sait systématiquement quelles opérations ont été effectuées et par qui.

Nous pouvons réagir à des manipulations suspectes et pouvons même procéder à un Roll-Back (retour en arrière) en cas d’erreur de manipulation ou d’attaque !

La confiance n’exclut pas le contrôle !

Patrick Mabialah


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